Notre premier arrêt : une escale impériale à Pékin

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Notre premier arrêt : une escale impériale à Pékin

Notre tour du monde a démarré le 1er avril depuis Genève. Une correspondance à Francfort, et puis la nuit dans l'avion, ce genre de nuit où on somnole à moitié, la tête qui tombe sur l'épaule de l'autre. On atterrissait à Pékin le 2 avril au petit matin, avec 12 heures d'escale devant nous.
12 heures, c'est long. On aurait pu rester à l'aéroport, commander des nouilles trop chères et regarder des avions décoller. On a préféré aller voir la Cité interdite.
Dès la sortie de l'aéroport, on a sauté dans le métro. Pas de taxi, pas d'app de VTC, juste les transports locaux comme tout le monde. C'était déjà dépaysant, déjà vivant, déjà exactement ce qu'on cherchait en partant.
On avait réservé une visite guidée avec un rendez-vous à 9h30. On pensait arriver vers 8h30, être larges, avoir le temps de prendre un café. On n'avait pas du tout anticipé ce qui nous attendait : des contrôles de sécurité partout, des files qui n'en finissent pas, une dizaine de checkpoints au total. À Pékin, l'accès à la Cité interdite ne s'improvise pas. On est arrivés en retard. Le guide était parti sans nous.
Sur le moment, on s'est regardés avec ce mélange de fatigue et d'amusement que les voyages finissent toujours par provoquer. Et puis on est entrés quand même.
Et là, le reste a disparu.
La Cité interdite est immense. Vraiment immense, pas dans le sens où on s'y perd, mais dans le sens où on comprend qu'il y a eu là une vie entière, des générations d'empereurs, des siècles d'une Chine qu'on ne connaît qu'à travers des images. On a marché pendant trois heures à travers les palais, les cours intérieures, les portes monumentales. Sans guide, oui, mais avec les yeux grands ouverts. L'histoire du lieu se passe d'explications.
Il y a énormément de monde. Les contrôles à l'entrée sont éprouvants. Mais une fois à l'intérieur, clairement, ça vaut le coup.
Ce n'était pas un vrai séjour à Pékin, juste une parenthèse de quelques heures. Mais on est vraiment contents de l'avoir vécue plutôt que de l'avoir évitée par flemme ou par fatigue.
En fin d'après-midi, retour à l'aéroport. Direction Manille, les Philippines, notre premier vrai arrêt de ce tour du monde d'un an. On commençait à bien sentir l'épuisement s'installer. Deux nuits presque sans sommeil, une journée à marcher dans une ville impériale... Notre premier vrai lit nous attendait, et on ne l'a jamais autant mérité.